À propos
À propos
Anne Catherine Nobre est une photographe basée à Paris. Elle travaille à partir du réel, sans mise en scène. Elle photographie la rue comme les lieux qu’elle traverse, habite ou qui lui sont confiés. Son rapport à l’image conserve quelque chose d’une intuition d’enfance : petite, elle imaginait que le cinéma consistait simplement à filmer la vie telle qu’elle se déroulait réellement.
Née en Allemagne de parents portugais et élevée en France, elle grandit entourée de photographies. Sa mère lui offre son premier appareil à six ans ; sa sœur et le meilleur ami de celle-ci, passionnés de photographie, la familiarisent très tôt avec la photographie humaniste et de rue. Elle passe aussi beaucoup de temps dans les albums de famille et d’enfance, à une époque où les images, moins nombreuses, sont conservées comme des archives précieuses.
Dyslexique, elle apprend tôt à contourner les cadres habituels de l’apprentissage et développe d’autres façons de comprendre ce qui l’entoure, notamment par l’observation, l’écoute, l’image et la créativité. La longue maladie de sa mère, puis sa disparition alors qu’Anne Catherine a une vingtaine d’années, marquent durablement son rapport au temps. Elles renforcent une conscience de ce qui passe et de ce qui disparaît, mais aussi de la part qui nous appartient dans ce que nous faisons de ce qui nous arrive. Sans devenir directement le sujet de ses images, cette expérience nourrit un besoin de transformer ce qui est vécu et d’y chercher ce qui peut encore permettre de comprendre, de créer ou de construire.
Avant que la photographie ne devienne centrale, ce besoin de création emprunte différentes formes. Après des études dans le son, elle travaille dans la production sonore et le sound design, puis écrit, compose, produit et interprète notamment au sein de Wekeed. Son parcours la mène également au cinéma, d’abord en régie puis, après deux années passées au Canada à se former à la charpenterie, dans la décoration. La photographie, jamais loin, reprend une place importante en 2021 et devient le centre de son travail à partir de 2023.
Entre 2024 et 2025, au cours de dix-huit mois passés en Asie, elle développe Nomophobia en Thaïlande, au Vietnam, au Cambodge et à Hong Kong. La série est l’archive d’une mutation : celle de corps qui, au-delà des âges et des frontières, adoptent la même inclinaison vers l’écran, oubliant la démesure matérielle qui rend possible ce lien virtuel. Elle cherche à en saisir les signes et à en garder la trace avant qu’elle ne se transforme à nouveau.
En 2025, une photographie réalisée à Hong Kong est sélectionnée pour le Leica Tour, présenté au Palais de Tokyo puis à Bordeaux, Lyon et Marseille. En 2026, Nomophobia fait l’objet d’une exposition personnelle à l’Espace F360 à Paris, avant d’être présentée dans le cadre du Festival OFF des Rencontres d’Arles. La série poursuit son chemin à travers différents lieux et événements, notamment à Kiff & Marais et au Carrousel du Louvre dans le cadre d’Art Shopping.