COMMANDE · PARIS
VENTRE
Les dernières semaines d'une grossesse, à Paris, en Juin.
Commande
Quand Anne-Laure m’a demandé si j’étais partante pour photographier sa grossesse, j’ai d’abord eu un peu peur. S’il s’agissait de faire du studio, c’était impossible. C’est un métier qui n’est pas le mien, et ce n’est pas le réel que je cherche.
Nous étions pourtant déjà d’accord sans le savoir, Anne-Laure, Mathis et moi. Ils attendaient ce que j’espérais leur proposer. Raconter ce que ce dernier mois fait à chaque journée. Les trajets, les rendez-vous, l’attente, les préparatifs. Ce qui se vit avant la naissance et qu’on photographie moins souvent de cette manière.
Le corps d’Anne-Laure change de forme, il subit. Autour de lui, leur vie à deux s’organise. Mathis porte lui aussi, autrement. Jusque dans les gestes les plus ordinaires, il faut faire de la place à ce ventre, le soutenir, le supporter. On s’y ajuste souvent sans même y penser. Ce ventre s’exprime déjà et tout lui obéit.
Il fallait photographier cette emprise au milieu de la vie qui continue. Ce que son corps supporte pendant qu’il en fabrique un autre.
« Ce ventre », comme le nommait Anne-Laure. Le titre est né de ses mots. Il leur revient, à tous les deux.